jeudi 25 octobre 2007

rapport de présentation

T.P.F.E.

Rapport de présentation

La constitution du tissu urbain

Deux îlots de part et d’autre du canal à Roubaix


Solange Guiraud


Directeur d’études : M. Harari

Second enseignant : M. Pedelahore

Sommaire

I. Méthode ( ??? Ou Introduction ??? ) 4

A. Travail en terrain étranger 4

B. En quête de tissu. 4

C. Aller retour entre un petit nombre d’échelles variées. 5

D. L’intérêt du dessin. 6

E. Confrontation à des références extérieures. 6

F. Présentation. 6

II. Les échelles de prise en main du projet 7

A. Cudl 7

B. Agglomération. 18

C. Commune. 30

D. Quartier 40

E. Site. 44


Introduction

Le sujet choisi permet de synthétiser les acquis des cinq années d’études, et de les dépasser en les mettant au service d’un projet complet.

Les informations de contexte (politiques, historiques) ne seront données que dans la mesure où elles permettent de mieux comprendre la forme urbaine représentée par les documents cartographiques. Ceux ci ne constituent pas l’illustration de recherches bibliographiques. Ils sont la base de l’observation, la recherche livresque ne venant qu’en deuxième temps pour éclairer notre ignorance au sujet des formes d’ores et déjà repérées.

Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours.

Au long du travail, j’ai veillé à toujours me recentrer sur les cartes, l’énoncé métrique de l’existant. Dès que les idées et les concepts commençaient à prendre le dessus, je revenais à la carte, qui me rappelait ce que j’avais vu, senti, qui m’éloignait des têtes pensantes de la ville pour me rapprocher de son fonctionnement quotidien.

Le travail de prise en main du territoire, par le parcours et la cartographie, vise à nourrir le projet.


I. Méthode ( ??? Ou Introduction ??? )

A. Travail en terrain étranger

a) L’attitude de l’étranger

L’objectif est de ne pas faire un projet générique. Ca on va le dire dans l’intro.

L’objectif est de faire un projet riche et pour y parvenir, d’avoir conscience du territoire sur lequel on agira. Il n’y a aucun rapport de cause à effet entre les deux propositions. Si je veux avoir conscience du territoire c’est parce que je veux qu’il y ai un ancrage du projet dans le territoire, ou bien que je pense qu’un projet ne peut pas (sauf main de maître, ce que je n’ai pas) être riche si il ne s’ancre pas dans le territoire. Je me méfie du terme « continuité ». Est ce que ça signifie « continuité visuelle » ?

b) Caractériser le projet en fonction des spécificités : exemples locaux

Concours maisons de ville

Alma Gare

Villeneuve D’Ascq

B. En quête de tissu

Entre la ville et l’architecture du bâtiment, il y a une étape qui fait défaut : celle de la constitution du tissu urbain.

A priori c’est une notion fourre tout, rarement définie avec précision, qui regroupe les caractères insaisissables qui font que la ville est urbaine. Je ne crois pas trop m’avancer en disant que lorsque certains architectes disent rechercher dans leurs projets de la variété, mixité, discontinuité (A COMPLETER), c’est du tissu dont ils parlent.

Le tissu n’appartient pas aux seuls architectes, car de nombreux éléments s’y recoupent, ayant trait à l’environnement physique mais aussi humain. Ce genre de questions surgit parce que l’architecte est « un » contre des processus résultant de plusieurs personnes. Le projet architectural émerge d’un très petit nombre de personnes, alors que la constitution du tissu urbain, ou l’usage libre du logement, résultent du croisement des usages, de la diversité de la population et des intérêts.

C. Aller retour entre un petit nombre d’échelles variées

J’ai d’abord défini deux échelles d’études, de première approche du territoire : l’échelle de la communauté urbaine de Lille, au 100000°, et l’échelle de l’agglomération Lille Roubaix Tourcoing, au 50000°.

Après cette première étape, j’ai repéré les projets de logements en cours ou à venir, et je les ai situés sur la carte de l’agglomération au 50000°. J’ai pu d’ores et déjà en éliminer une partie, qui se trouvaient dans des zones pavillonnaires ou en tout cas dans des zones trop éloignées de la ville pour qu’on puisse y trouver ou y apporter un tissu urbain. Les projets de l’agglomération de Lille en matière de logements sont la plupart du temps liés à des projets d’infrastructures influençant toute la ville, ce qui ne correspondait pas au sujet. Je me suis donc tournée vers Roubaix et Tourcoing, où une certaine densité et la présence d’un tissu constitué dialoguent avec des friches où le tissu doit être reconstruit. L’opération du quai de Marseille dans son entier représentait une échelle qui ne me semblait pas à ma portée, et le tracé du périmètre, longitudinalement au canal, regroupait dans la même opération des situations très différentes. J’ai donc redéfini un autre périmètre, de part et d’autre du canal.

J’ai rassemblé les documents concernant le site, au 2000°, au 1000° et au 500°. Ayant bien en tête le site que concernerait le projet, je suis retournée à des échelles plus grandes.

Pour palier le saut d’échelle qu’il y avait entre le 50000 et le 2000°, j’ai centré une série de cartes sur Roubaix, au 25000°. Peu différentes des informations visibles au 50000°, le 25000° me permit de faire plus attention aux détails, et de lier histoire de la ville et formation du tissu urbain, tout en prenant conscience de la position du site dans la ville.

J’ai repris l’échelle de l’agglomération pour repérer des tissus qu’il me semblait intéressant de voir, et j’ai entamé une série de parcours, recensés sur la carte et illustrés de photographies.

Parallèlement, j’ai entamé la cartographie du quartier du projet, au 2000°. Cette échelle a permit de basculer du général au particulier, et de passer à l’échelle du tissu urbain.

C’est aussi à des plans au 2000° que j’ai confronté les photos prises dans l’agglomération. L’intérêt n’est pas à préciser : la comparaison se faisait immédiatement entre le quartier du projet et les opérations visitées.

Une fois mes bagages remplis de ces références immédiates (le quartier) ou lointaines, j’ai commencé à traduire en dessin les idées de projet qui s’étaient accumulées durant toutes les étapes qui ont suivi le choix du site, en commençant par des plans au 2000°

Le passage au 1000° s’est fait par la maquette, permettant de stabiliser plus facilement les masses que le plan, puisque les trois dimensions sont construites en même temps.

Le passage aux échelles plus petites s’est fait par le passage au travail sur les typologies de logements. Après l’analyse

Avec un petit nombre d’échelles (cudl, agglo, ville, quartier) soigneusement choisies, et en répartissant avec rigueur les informations dans les échelles qui leur convenait le mieux,

Chaque échelle ne représente pas la « vérité » du terrain ; mais la juxtaposition des échelles, et les allers retours entre elles, cela permet de se rapprocher d’une image juste du territoire.

D. L’intérêt du dessin

Dessiner des cartes revient à parcourir le territoire : la carte source est confrontée avec la photo aérienne, des cartes routières, des plans de ville.

E. Confrontation à des références extérieures

La forme de l’agglomération a pu être confrontée à d’autres villes grâce à l’excellent ouvrage de Marianne Guerois, encadré par Denise Pumain.

Tous les types de tissu ont été confrontés à d’autres extraits glanés de ci de là. Ce procédé a permis de mettre d’avantage en lumière les spécificités du tissu.

F. Présentation

Carte situant Lille roubaix tourcoing et la cudl par rapport au nord de la France et à la Belgique + éventuellement carte du département

Le site de projet se trouve à Roubaix. Ce sont deux îlots de part et d’autre du canal.
Les échelles de prise en main du projet

G. Cudl

La première échelle choisie : prendre plus large n’est intéressant que pour situer le territoire par rapport à celui de la France, mais ça n’aurait certainement pas informé le projet d’architecture, en tout cas ce n’était pas l’objectif de ce travail.

La communauté urbaine de Lille a vu le jour avec le texte fondateur de décembre 1966, en même temps que celles de Bordeaux, Lyon et Strasbourg. La loi du 12 Juillet 1999 dite “loi Chevènement” défini la communauté urbaine comme un Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI), regroupant plusieurs communes d’un seul tenant et sans enclave et formant désormais un ensemble de plus de 500 000 habitants à la date de sa création. Depuis 1966, 10 autres communautés urbaines se sont formées : Dunkerque, Cherbourg, Le Creusot/Montceau-les-Mines, Le Mans, Brest, Nancy, Arras, Alençon, Nantes et Marseille. [1]

Comme sa définition l’indique, l’espace de la communauté urbaine de Lille est administré collectivement, ce qui fait de ses frontières des limites cohérentes d’études, et pas seulement des frontières administratives indépendantes du terrain.

La cudl est composée de 85 communes et regroupe 1 091 438 habitants. En terme de population, les quatre principales sont Lille (19,48% avec 212 597 habitants), Roubaix (8,89% avec 96 984 habitants), Tourcoing (8,57% avec 93 540 habitants) et Villeneuve d’Ascq (5,96%. Avec 65042 habitants).

A caser : effet accélérateur de Lille 2004 ?


Bipolaire : Lille <==> Roubaix Tourcoing avec un axe tendu entre les deux.. Bien que relativement peu dense, il est plus construit que d’autres extensions.

Lille : très attractive (c’est l’endroit le plus dense). Rapport avec Tournai

Mais Roubaix Tourcoing : frontalières. Façades Nord. Echange avec la Belgique, Mouscron, Courtrai.

La zone non bâtie autour de Lille correspond effectivement à l’ancienne emprise des dernières fortifications.


Les terres agricoles jouxtent de près la tache urbaine, mais sont menacées par son extension. Cette situation incertaine ne permet pas de fixer les activités, et rend l’investissement dangereux. Ce sont surtout des maraîchages qu’on trouve à proximité immédiate des villes. Le Schéma Directeur entend préserver ces activités, et prévoit que seules 30 % des constructions neuves se fassent à l’extérieur du périmètre construit existant.

La quantité d’espaces verts publics n’est pas énorme, pourtant, la végétation semble occuper beaucoup de place entre les deux pôles bâtis de la ville. C’est que dès que la densité baisse, les cœurs d’îlots sont plantés.

Au cœur des villes historiques (Lille Roubaix Tourcoing) la végétation se fait plus rare (15 m² par habitants à Lille contre 25 à Bruxelles et 123 à Dortmund), malgré les efforts faits pour valoriser le patrimoine existant, et l’enrichir de nouveaux espaces.


Les cours d’eaux sont concernés par la problématique transfrontalières.

Au fil des époques on a cherché à maîtriser l’eau de ce territoire marécageux, en asséchant le sol, et en canalisant l’eau, jusqu’à faire quasi disparaître ces rivières de la perception du territoire. Aujourd’hui, on revient sur ces pratiques. Les municipalités réfléchissent à rouvrir les canaux précédemment bouchés, la Marque et le Canal de Roubaix seront très prochainement réouverts à la navigation (fin 2007), les quais ont été réaménagés à Lille en 2004, un grand chantier de reconversion touche les rives de la Deûle et la délocalisation du port de Lille pour profiter de ces terrains prisés est en cours de réflexion.


Les voies principales. Ou plutôt un commentaire groupé pour les trois cartes des réseaux.

L’arrivée du TGV a dopé l’attractivité de l’agglomération, et lui a permis de travailler sur son image par le biais du médiatique projet d’Euralille. Désormais, Londres est à 1h40 du centre de Lille, Paris à 1 heure, et Bruxelles à seulement 30 minutes. Les objectifs visés sont de faire en sorte que tout modes de déplacements confondus, toutes les communes de la cudl soient à une demi heure maximum de Lille (auto), moins d’une heure pour toutes les communes de la région Nord Pas de Calais (tram-train, ter), et moins d’une heure trente pour tous les arrondissements de Paris, et les centres de Londres, Bruxelles, Anvers, Rotterdam et Amsterdam (tgv).

Le train a aussi un autre visage dans la cudl : il était un des supports de l’industrialisation. A l’est et à l’ouest de Lille, deux emprises ferroviaires occupent plusieurs hectares. A Lomme, la plate forme XXXXXXXXXXXXXXXXXXX. A l’est, la gare saint sauveur a été progressivement défaite de ses fonctions. Le terrain libéré accueillera bientôt un projet dans la continuité d’Euralille 1, 2 , et 3 XXXXX c’est pas Euralille 3 justement ????? Un peu plus à l’est, la gare d’Hellemmes est toujours en service, et de nombreuses voies répartissent le trafic des gares Lille Flandres et Lille Europe.

L’implantation du métro a facilité la mobilité dans l’agglomération. La première ligne, reliant Lille à Villeneuve d’Ascq, est ouverte en 1983. Une deuxième ligne est mise en service en 1989 reliant Lomme à Tourcoing, via Lille et Roubaix. Le tramway entre Lille Roubaix et Tourcoing est en service depuis 1909. Dès sa construction, le succès du Mongy (du nom de son concepteur) est immédiat. Contrairement à ce qui a été fait dans de nombreuses autres villes de France, il ne sera pas supprimé : il ne gêne pas la circulation automobile, et sa position de lien entre les deux pôles de la ville ne laisse pas la possibilité de re négocier son intérêt.

Outre l’ouverture de lignes de bus à haut niveau de service, le principal projet de transport en commun pour la métropole réside dans le tram-train. Cette technologie permettra de desservir aussi bien des communes excentrées de la communauté urbaine que le centre ville de Lille.

COMPLETER UN PEU LE TRACE DU TRAM TRAIN

a
Développement des transports collectifs.


Région de chemin de fer.


Recoupement des informations.

Phrases conclusives de cette première partie sur la cudl :

L’intérêt se porte sur l’espace entre les deux pôles de densité : Lille et Roubaix Tourcoing. Même si la pression foncière n’est pas forte dans cette zone, l’échange entre ces deux pôles donne à l’espace une tension. D’ores et déjà, le grand boulevard impose une épine dorsale urbaine au travers de communes finalement peu denses, mais le potentiel est encore grand. A DEVELOPPER : je veux dire que cet espace relativement souple puisque tout de même peu construit, pourra, si la décision en est prise, marquer l’agglomération d’un souffle nouveau. Il s’agira moins de composer avec l’existant (ce qui se fait actuellement à Lille, Roubaix et Tourcoing) que de prendre de grandes décisions sur le devenir global de l’agglomération. Par exemple, la végétation qui se trace un chemin entre les deux taches est une chance à exploiter et consolider, d’autant plus qu’elle croise le canal : une trame reliant urbain, faune et flore se dessine. C SUREMENT DANS LE SD TOUT CA Pour nous qui nous intéressons à la constitution du tissu urbain, cette zone nous semblait donc à explorer en priorité à l’échelle suivante. Malgré la superficie que cela couvrait, le second périmètre concerna donc l’agglomération dans son entier : pôles denses, extensions périphériques, et trame en tension dans l’entre-deux.


H. Agglomération

Bati

Ce que j’essaye de faire dans ce chapitre, c’est de caractériser des masses… Après les observations générales de la cudl, le passage à cette échelle permet un premier regard sur les types de formes urbaines, même si une analyse typologique à proprement parler est bien sûr écartée au 50000°.

Entre le 18° et le 20°, l’essor de l’industrie textile dans le Nord de la France s’est traduit par une explosion démographique, entraînant la construction en masse de logements ouvriers.

Dans un premier temps, du 18° au début du 19°, la population a augmenté dans Lille intra-muros. Cette ville fréquemment en guerre maintenait ses portes closes la nuit. Cependant, les horaires d’ouvertures et de fermetures ne correspondait pas aux horaires de travail des manufactures semi artisanales, d’où la nécessité de s’entasser à l’intérieur.

A partir de 1858, une deuxième phase commence. Les communes périphériques (Fives, Hellemmes, Lezennes, Mons…) sont annexées par l’industrie, parallèlement à la construction du quartier Haussmannien. Il en va de même dans les autres communes de l’agglomération, ainsi qu’à Roubaix et Tourcoing. Ces dans ces espaces qu’a proliféré l’habitat ouvrier, soit anarchiquement, soit du fait des entreprises.

[DEVELOPPER. Quelle est la différence entre la maison ouvrière telle qu’on peut la voir à Roubaix, Tourcoing, Lille Moulins, Fives.. et la maison qui semble être une maison de bourg, au centre des petits villages ? Il faut que je développe ça : d’une part la maison de ville traditionnelle, et d’autre part l’apparition et la généralisation de la maison ouvrière sur rue. L’apparition de la courée, c’est encore une autre chose, qui advient dans les deux types sus cités.]

L’apparition de la courée est le fait de petits propriétaires fonciers, de cultivateurs qui vendent leurs champs aux entreprise, de commerçants ou d’artisans qui rentabilisent leurs arrières.

A Lille, aux 17° et 18 ° siècles, les longues parcelles en lanière composant les cœurs d’îlots sont des champs (nécessaires à l’approvisionnement en cas de siège). On y accède par des petits chemins. C’est à partir de là que ce sont développées les premières courées. Celles ci communiquent entre elles, et forment ainsi un réseau de circulation secondaire.

Puis, lors de la deuxième phase précédemment évoquée, ce type est copié dans les communes annexées par l’industrie. Le moteur de cette copie est unique : il s’agit de la spéculation.

Enfin, ce type est systématisé dans les communes nouvelles, qui répandent ce type d’urbanisme libéral. [2]

Certains patrons ont promu un nouveau type de logement ouvrier, qui fixerait une main d’œuvre plus disciplinée. On améliore les courées, ou bien on se tourne vers un autre modèle ; la cité jardin, qui produit un étalement périphérique dilué de l’habitat. On citera pour exemple la cité Thiriez à Loos, qui regroupe 250 maisons avec un jardin de 100 m². Les maisons, de cinq catégories différentes, sont disposées par groupe de cinq, dix ou quinze autour de squares. Une autre opération d’envergure est la cité des cheminots de Lille-Délivrance qui regroupe 800 habitations.

Les comités et sociétés d’HBM construisent moins des cités jardins que des rues de maisons similaires mitoyennes, avec jardin, perpendiculairement à des rues existantes, dans des zones rurales (au foncier peu cher) entre Lille et Roubaix-Tourcoing, desservies grâce aux transports en commun. Le plan de ces maisons permet des modifications (ce qui n’était pas possible dans les maisons patronales). Cela dit, ces maisons sont surtout destinées aux employées, moins défavorisés.

Cet habitat ancien a posé des problèmes d’insalubrité, mais la pauvreté de ses occupants, ainsi que la perte de vitesse de l’industrie textile au 20° siècle ont fait que le tissu s’est maintenu, et reste la composante majeure du bâti de l’agglomération.

Les constructions nouvelles ne sont tout de même pas absentes. En effet, dans les années 60, 70, la politique de la table rase fit détruire au cœur des communes des îlots entiers d’habitats anciens, remplacés par des grands ensembles ou des barres isolées. Ces opérations ne marquent pas la morphologie à cette échelle, mais elles ont un fort impact sur certains quartiers de Lille, Roubaix, Tourcoing ou Mons, et font aujourd’hui l’objets de plans de rénovation urbaine.

Parallèlement, en 19XX, la création de la ville nouvelle Villeneuve d’Ascq est décidée. Elle regroupe trois villages dont les centres anciens sont toujours visibles. On y trouve de nombreux projets d’architectes, de quasi manifestes comme des immeubles gradins, des duplexs superposés, et un urbanisme de dalle où les circulations piétonnes s’élèvent par des passerelles au dessus de voies plus ou moins rapides destinées aux automobiles. La ville nouvelle attirera des classes moyennes en quête d’un environnement calme, désertant les villes de Roubaix et Tourcoing.

Enfin la tache urbaine s’étendra également par un habitat pavillonnaire, très peu dense et très consommateur d’espace.

L’essor de l’agglomération étant lié à l’essor de l’industrie, le tissu est très nettement émaillé d’emprises d’usines, des plus modestes aux plus imposantes. La désindustrialisation laisse aussi ses traces : petites et grandes friches industrielles se repèrent sur tout le territoire.

Par la suite, centres commerciaux, entreprises, centre de recherche et universités vinrent s’ajouter à ce paysage.

A PLACER AILLEURS, SUREMENT : LA COUREE Les courées peuvent revêtir des formes diverses, qui varient d’une commune à l’autre (notamment entre Lille et Roubaix). Pour rappel, une courée est un ensemble de logements mitoyens regroupés autour d’une cour. Le type prépondérant est d’aspect homogène et géométrique : la courée s’organise autour d’une cour rectangulaire perpendiculaire à la rue. On y accède par un couloir, un porche, un passage à ciel ouvert ou bien elle donne directement sur la rue (elle s’apparente alors à une impasse). Au fond de la cour, une petite construction abrite les cabinets communs ainsi qu’un point d’eau. Les eaux usées et de pluies s’écoulent par une rigole au centre de la cour, qui rejoint le caniveau de la rue. Les maisons se situent le long de la cour, soit d’un seul côté (l’autre étant alors fermé par un mur), soit des deux, en vis à vis. Le plus souvent, ces maisons sont mono-orientés sur la cour. Elles sont quasi carrées (sauf à Lille où elles sont rectangulaires), faisant de quatre à cinq mètres de côté. Quand la largeur de la cour le permet, elles bénéficient d’un petit enclos. Le plafond est à deux mètres cinquante. Le rez-de-chaussée est surmonté d’un étage, parfois d’un deuxième qui n’est autre que le toit mansardé.

Au vu de sa rusticité, on comprend aisément que la courée soit mal connotée. Cela dit, ses inconvénients vont plus loin que les facteurs d’insalubrité liés à sa forme même. La courée suppose un mode de vie particulier. Surpeuplées par un prolétariat et un sous prolétariat hétérogène, et laissant peu de place à l’intimité de manière générale, les courées nécessitent la mise en place d’accords plus ou moins tacites de vie semi collective. Si cet équilibre est rompu, les dégradations physiques et morales ne se font pas attendre.

Les courées peuvent être de gabarits différents : cours, terme générique pour les grandes courées (supérieures à 60 logements) ; forts : grands ensembles de plusieurs rangées de maisons se faisant face, mais aussi dos à dos (exemple : le fort Frasez à Roubaix) ; impasses : maisons le long d’une rue en impasse non pavée butant éventuellement sur le mur d’une usine ; cités : cours importantes dont les maisons ont été construites par un propriétaire unique. Les coutils des zones périphériques sont d’un autre genre. Elles reprennent les procédés des maisons d’ouvriers agricoles. Elles sont conçues pour des artisans tisserands, par rangées de 2 à 10 unités. Le logement est couplé avec l’atelier. Elles s’élèvent à rez-de-chaussée plus combles, ou rez-de-chaussée plus étage plus combles. Chaque niveau fait de deux à quatre mètres. Ces maisons possèdent deux orientations.

« Politique d’aire au maintien des courées » Van Iseghem Françis. 1992

TOUJOURS A PLACER AILLEURS : LA MAISON DE VILLE SUR RUE TYPIQUE

Concours maisons de ville + alma gare : détails de caractéristiques typologiques. + observations in situ

Le parcellaire est en lanières étroites ( aux environs de 4 m). La maison de départ prend place sur les 6 à 10 premiers mètres. La partie arrière est totalement privée, et généralement rendue intime par une clôture plus ou moins opaque. Le sol peut être laissé à nu (jardin) ou pavé (cour). Dans la quasi totalité des cas, la maison de départ est annexée d’une extension plus ou moins volumineuse : abris de jardin, petite véranda entre la cour et la maison, rez-de-chaussée entièrement couvert, édification d’un étage sur la moitié de la largeur de la cour, et sur tout ou partie de sa longueur… Certaines maisons sont constituées dès le départ d’une petite extension au rez-de-chaussée, accueillant le plus souvent la cuisine et éventuellement toilettes et rangements.

Les matériaux de construction dominants pour ne pas dire omniprésents sont la tuile et la brique. Le toit est souvent mansardé, agrémenté d’une lucarne. Contrairement à l’arrière hétéroclite des maisons, la façade est strictement ordonnée, et fait autant que possible l’objet de décoration, par le jeu d’assemblages des briques, la création de reliefs (corniches, encadrements de fenêtres) ou l’intégration de briques vernis ou de faïences. A Roubaix, si la municipalité se désintéressait de l’urbanisme lié à l’industrialisation, les apparences devaient être maintenues, et un règlement très précis de la composition des façades a été élaborée. Au fil des rénovations, une grand nombre de maisons ont perdu beaucoup de la composition initiale des façades, voire la totalité. Les pouvoirs publics se proposent de maîtriser cette tendance par l’édification d’une charte de rénovation des façades, exposant les contrevenants à des amendes.

LE PLAN Séjour en façade. Décoration des fenêtres.

Immeubles d’angles. Plus fragiles. Unité de façade avec les maisons suivantes. Unité du carrefour.


On observe différentes catégories :

Les routes rurales, d’anciens chemins, forment un réseau arachnéen autour de l’agglomération.

Les centres anciens des principales communes sont composées d’un maillage de petites rues.

A Lille, et dans une moindre mesure à Roubaix et Tourcoing, l’urbanisme Haussmanien du 19° siècle a laissé son héritage par un réseau de voies dessinées, alignées voire percées (l’hexagone de Lille, avec les axes historiques que sont la rue d’Arras, la rue Gambetta, et les nouveaux, la rue Nationale, la rue des postes…, la rue de la gare et les boulevard périphériques à Roubaix…).

Dans les faubourgs, l’expansion et la densification se fait le long des anciens chemins de faubourg, qui sont donc maintenus et soulignés par la construction le long de routes perpendiculaires (rue d’Arras, rue de Douais, rue du Faubourg des Poste, rues à Fives, rue à Lomme, et routes vers la Belgique à Roubaix Tourcoing).

Toujours au 19°, une ambitieuse opération de voirie marque le paysage urbain : la création du grand boulevard en fourche entre Lille, Roubaix et Tourcoing. Ce boulevard de cinquante mètres de large est pensé comme un fourreau condensant toutes les circulations (voitures, cyclistes, piétons et tramway) et comme un lieu de standing, par son caractère résolument moderne. Son tracé a longtemps été sujet a débat. Le choix retenu a été celui de faire passer le boulevard là où le moins d’expropriation serait nécessaire.

Avec l’avènement de l’automobile, autoroutes et voies rapides vinrent marquer le territoire de leurs emprises longilignes, importantes au regard de la distance nécessaire à mettre entre elles et les habitations, du fait des nuisances sonores. C’est à proximité que l’on trouve centres commerciaux et zones industrielles nouvelles (dont l’émergence est liée à celle de la voiture). Aujourd’hui, et comme dans de nombreuses villes de France, le périphérique de Lille prête à de nombreux projets pour en atténuer les nuisances physiques (pollution chimique, visuelle et sonore) et urbaines (effet de coupure entre les quartiers). Le recouvrement de certains tronçons est prévu aux points de franchissement, dans le but d’atténuer ces nuisances.

La trame « ordinaire » des voies urbaines est globalement orthogonale. Elle se décompose en sinueuses branches d’arbres, ou bois de cerfs, ramifiés dans les deux cas.

A Villeneuve d’Ascq, la situation est plutôt déroutante, avec un enchevêtrement de voies très confidentielles, de tissu pavillonnaire, de voies rapides voire d’autoroutes, et de passerelles piétonnes dues à l’urbanisme de dalle.


LES ZONES DU PLU

A insérer : carte reprenant les contours des zones du plu. Cette carte illustre ce que la vue des deux cartes précédentes suggérait : le découpage entre zones d’habitat (ou mixte) de la plus dense à la moins dense, la part de zones industrielles ou commerciales..

REPERAGE SUR LE SITE : DIZAINES DE KM DE PARCOURS ET 1349 PHOTOGRAPHIES

Carte des parcours principaux effectués dans l’agglomération, à pied ou en vélo

Les grandes lignes de chaque parcours ont été prédéfinies : il s’agissait d’aller voir une forme déjà repérée sur les cartes. Durant chaque parcours, j’ai relevé des impressions et effectué un grand nombre de photographies. Les impressions venaient souvent confirmer l’idée que je me faisais de la qualité des espaces au vu des cartes.

Les photos ont ensuite été imprimées et regroupées par catégories. Certaines catégories sont traversantes pour toute l’agglomération : voies ferroviaires, friches, ruines et industrie, espaces verts et voies d’eau… D’autres thèmes d’intérêts d’avantage propres au tissu et à l’architecture font l’objet de catégorisation : passages étroits et venelles, gabarits des rues principales et secondaires, constitution du front urbain…

Les photos sont aussi regroupées par quartier ou opération de logements, et triées entre ces thèmes à l’intérieur de ce premier regroupement. Elles sont mises en relation avec un plan plus précis, au 2000°, qui permet de comparer ces opérations avec le quartier du site de projet, et qui permet d’avoir une idée assez précise de la volumétrie, de la répartition et de la forme des espaces publics ou collectifs, un éclairage « géométrique » sur la constitution du tissu.

Cité à Lomme

mise en regard avec le plan au 2000°

CARTOGRAPHIE SCHEMATIQUE DE CONCLUSIION

A insérer.

C’est au milieu de cette phase que j’ai pu choisir un site de projet. Contrairement à ce que je pensais, je me suis apperçue au cours de cette phase que l’espace de tension entre Lille et Roubaix Tourcoing ne subissait pas la pression foncière que j’imaginais. Alors que je me préparais à y choisir un site de projet, j’ai été étonnée d’y voir des terrains agricoles transformés en lotissements très peu denses, et au tissu très peu urbain, ce qui me semblait à l’opposé des objectifs de densifications, qui permettent en même temps des projets à caractère urbain. J’ai donc reporté mes recherches de sites de projets vers des zones d’ores et déjà plus dense, comme dans les anciens faubourgs de Lille ou les friches de Roubaix et Tourcoing. Les sites trop contraints comme les anciennes emprises d’usines en cœur d’îlot ont été écartés : il s’agissait plus d’un travail sur la volumétrie architecturale que sur le tissu urbain. L’opération du quai de Marseille me semblait hors de portée par sa longueur de façade, et donc la diversité des situations urbaines que cela représentait. De plus, je redoutais d’avoir à travailler sur une seule façade du canal. Un nouveau périmètre a donc été défini, regroupant deux îlots de part et d’autre du canal (voir carte du E, p. 41). C’est avec ce site en tête, et une première idée de ses enjeux, que les parcours de l’agglomération ont été effectués, ainsi que les phases suivantes.


I. Commune

bati

Histoire

En 860 naît le Compté de Flandres. Roubaix bourg existe déjà. Un siècle plus tard, on y trouve des villas (un ensemble de propriétés rurales dépendant d’une maison principale). La vocation textile du lieu se dégage dès l’époque romaine (eau herbe.. et moutons). En 1401, le titre de ville est donné par Jean de Roubaix. Les toits sont encore en chaume, et les rues larges de 3m40 au maximum. Un siècle et demi plus tard, une ordonnance royale fait de Roubaix une ville « grande, spacieuse et fort peuplée ». En 1821, Etienne de Jouy, académicien en visite, constate la « prodigieuse extension qu’a prise notre industrie », en proie à la révolution industrielle. La commune est un vaste chantier, et s’étend au rythme moyen de 5 rues par an. On dénombre 27 tissages rue de la Fosse aux Chênes, 11 rue des Vignes. En 1840, la première pierre de l’Hôtel de Ville est posée. La ville compte 20 000 habitants en 1830, 50 000 en 1861, 75 000 en 1871, 90 000 en 1896 et 125 000 en 1900. Sa croissance démographique est donc de 1400 % en moins d’un siècle, c’est à dire dix fois plus que celle de la France, et trois fois plus que celle de Paris. En 1911, L’Exposition Internationale du Textile se tient dans le cadre du Parc Barbieux. Dans les années cinquante, la désindustrialisation commence, et dès 1965 s’entame une longue reconversion de la ville.

Evolution de la structure urbaine

En 1804, la commune de Roubaix représente un territoire agricole de 1200 hectares. L’habitat est complexe : dispersé autour du bourg central, on trouve dix hameaux aux croisements des chemins ruraux, et douze belles censes. Dans les hameaux se côtoient fermiers, journaliers mais aussi tisserands. Cette structure persiste durant les deux premiers tiers du 18° siècle et commande l’extension spatiale de toute l’agglomération. Peu à peu, les parcelles du centre se densifient, puis les terres se couvrent de rangs de maisons ouvrières. Les premiers ateliers sont concentrés autour de leur manège circulaire, puis au pied de la cheminée. En 1807, la loi sur l’alignement est promue. Roubaix refuse de s’en servir pendant un demi siècle, car pour limiter l’investissement financier la ville répugne à augmenter sa voirie. La distinction est faite entre Roubaix bourg et Roubaix campagne. Dans la première, on impose l’alignement, dans la deuxième, seuls règnent l’initiative privée et l’urbanisation sauvage. En 1826, le plan d’urbanisme proposé par Voyer est rejeté. En 1850, la loi sur les logements insalubres ????which one ??? a pour conséquence ???? ahbon ????? l’apparition de formes originales d’habitations ouvrières groupées. Le village s’étend à l’infini, formé de quartiers monotones et désordonnés, subordonnés aux besoins de la distribution et de la collecte des produits de la manufacture textile. Les maisons sont en briques mal cuites, sans vide sanitaire, sans lumière, sans eau, sans toilettes, sans écoulement des eaux usées. En 1862, dans un rapport au maire de Roubaix, on peut lire que les spéculateurs tirent d’un menu capital 12 à 15 % de revenus en élevant douze maisons sur un terrain qui ne devrait en compter que trois ou 4. Les premiers boutiquiers de l’alimentation, ou des petits entrepreneurs repreneurs du bâtiment jouent un rôle essentiel et cruel. Ils louent des courées entières, sous-louent à des ouvriers du textile, clients obligés de l’épicerie et de la boulangerie, dont les tenanciers se meuvent en propriétaires, voire rentiers.

Les forts sont des maisons accolées, formant des carrés, des rectangles ou des figures irrégulières selon le dessin des parcelles. Les forts sont des grandes parcelles aux contours irréguliers. Les courées prennent place sur des bandes de terre étroites, anciens vergers et jardins des hameaux. Les façades sont maintenues dans un état respectable tandis qu’on s’entasse dans l’arrière-cour. Cette mécanique rodée se parachève quand les patrons se désintéressent des forts et des courées et abandonnent cette spéculation à la boutique et à la petite bourgeoisie. En 1860, l’investissement du patronat se fait dans l’achat de grands bâtiments industriels et dans l’achat de matériel modernes. L’urbanisme municipal et collectif a donc un rôle limité. En 184, la première garde de chemin de fer est ouverte, et on réalise l’adduction d’eau. Jusqu’au dernier quart du 19° siècle, des quartiers entiers gardent un caractère semi-rural : le dessin des chemins est maintenu, tout comme quelques fermes. En 1826, un règlement minutieux des façades est établi, définissant la hauteur du rez de chaussée, du premier étages, des appuis de fenêtre, la nature des linteaux, la forme des portes cochères, les motifs d’ornementation, l’épaisseur des murs… Toutes ces dispositions veillent à maintenant dans la ville un décor honorable.

A cette époque, la ségrégation spatiale n’a pas encore lieu dans la ville.

En 1870 apparaissent dans la ville des éléments de culture citadine : journaux, musée, bibliothèque.

En 1850, la ville compte 56 rues, 80 en 1862, 415 en 1919.

En 1864, le parc Barbieux, conçu par Barrillet, Deschamps et Aumont est ouvert. Ces 8 hectares de verdure et d’arbres agrémentés de fontaine et de reliefs vallonnés s’imposent comme un haut lieu de standing, et reste aujourd’hui la référence de la ville en matière d’espace de détente et de loisir.

En 1882, on perce l’avenue de la Gare.

L’agglomération de Roubaix Tourcoing est elle aussi bipolaire.

Des efforts sont fait au Sud. Entre 1880 et 1900, l’ancienne branche du canal est comblée, et on trace le boulevard Gambetta et le boulevard de Paris.

De 1914 à 1918 la ville connaît l’occupation allemande. En 1918, Jean Baptiste Lebas espère lancer le vaste programme de rénovation de la ville. Les usines sont sans vie, la ville s’étend comme un grand corps sans âme. En 1922, le renouveau économique relance la machine. En 1930, Roubaix est une ruche bourdonnante dont la municipalité s’efforce de remodeler l’image. Jean Baptiste Lebas veut détruire les courées mais en est empêchée par la crise du logement. Un vaste plan de constructions modernes est engagé. En direction de Hem, la ville n’est qu’un no man’s land où l’on trouve collines, jardins et prairies naturelles. En 1950 l’office des HBM lance un programme de 775 logements sociaux construits en trois tranches (1923, 1927 et 1929) et destiné à devenir le Nouveau Roubaix.

En 1936 des grands travaux de rénovation urbaine sont entrepris : trottoirs, égouts, chaussées, éclairages, piscine, équipements sportifs. Le 24 mai 1940les troupes allemandes entrent à Roubaix. En 1944, Roubaix est toujours une ville usine. En 1945, un quart du patrimoine immobilier est antérieur à 1870, et les trois quarts restants, à quelques exceptions près, antérieurs à 1914.

La ville sent dès 1950 la nécessité de sa reconversion. Entre 1950 et 1960, l’habitat individuel domine (92 %). La densité est faible mais l’occupation du sol est très forte. Les quartiers représentatifs de la post-industrialisation sont Alma, cul-de-four, Epeule, la rue des longues Haies, Jules Guesde.

En 1954, l’urbaniste J. Deryng estime que 70% des logements existants sont inadaptés aux besoins de la vie moderne, et qu’un quart d’entre eux sont même des taudis où se fixe la misère.

En 1958, il y a à Roubaix 1034 courées, ce qui représente 1 quart des logements et un tiers de la population roubaisienne. Sur les 9534 logements insalubres en 1956, 9000 sont des courées ?????????????? démolir d’urgence, et 63% dans les 15 ans à venir. Dans le quartier de l’Alma, 85% des logements sont antérieurs à 1914, 37% sont des courées, et 90,4% sont insalubres. L’attachement des occupants n’est pas un obstacle à la rénovation. Selon une étude de 1979, l’industrie et le négoce de gros occupent 16,2% de la surface de la ville. L’enclavement des usines gêne la desserte et interdit l’extension.

En 1943, le Comité Interprofessionnel du Logement édifie des maisons individuelles dans le Nord Ouest de la ville. En 1950, la Rénovation prend le relais. Le mot d’ordre est de détruire les taudis et de reloger la population dans des immeubles sains. Dans le centre ville, le quartier concerné est celui d’Edouart Ansecle ???????, au Sud Est celui des trois ponts, et dans le Nord Ouest celui de l’Alma gare. Ces chantiers sont prévus pour s’étendre de 1958 à 1970.

En 1958, un arsenal juridique et financier est mis en place : Rénovation Urbaine, Zone à Urbaniser en Priorité. Aux Trois Ponts, 1650 sont concernés par le chantier qui démarre en 1962. Avant, ce sont la rue Edouard Ansecle et la rue des Longues Haies qui sont rénovées. Aux trois ponts, 13 hectares sont entièrement rasés, et 1550 logements reconstruits, ainsi qu’en centre commercial de 15 000 m².

En 1960 le plan d’urbanisme directeur est établi. En 1964, le Schéma Bernard lie l’aménagement de Roubaix à l’aménagement de l’agglomération. En 1966, la CUDL est créé, est certaines compétences municipales lui sont transférées.

Organisation pour la Suppression des Courées dans la Métropole Nord est créée en 1969, et est chargée par la CUDL de la résorption de l’habitat insalubre.

De 1969 à 1982, l’ORSUCOMN détruit 5000 logements à Roubaix. En 1967, la Loi d’Orientation Foncière institue de nouveaux cadres et de nouvelles procédures urbanistiques : SDAU, POS, procédures de préemption de ZAP et ZAC.

En 1971, le SDAU est adopté.

En 1966, la loi Debré demande la résorption des bidonvilles, et est applicable aux courées depuis 1969. En 1970, l’habitat insalubre est touché par la loi Vivier ?????.

En 1966, les transformations urbaines qui ont lieux voient l’intervention publique l’emporter sur la construction privée. La construction privée s’occupe de la rénovation d’Alma centre, ou de demeures bourgeoises anciennes, ainsi que de l’édification de résidences de bon standing en curetage de parelles, ou aux abords du parc Barbieux, de l’avenue de Paris, de l’avenue Delory.

L’intervention publique concerne quant à elle des opérations sur l’habitat ancien avec maintien des habitants. L’OPF s’occupe du Pile, du Fresnoy, de la Mackellerie, d’Alma Gare. La Résorption des Ilots Insalubres supprime des îlots entiers (Cul de Four, Pile, Ingoville ?????, Epeule, Alma Gare).

En 1971, on prévoit ?. ?????? prévoit ou fait ??? la reconstruction de l’îlot des Magasins Généraux. L’Atelier Populaire d’Urbanisme réagit pour le défendre. Une période de lutte urbaine s’installe, exigeant le respect des habitants et la mise en place d’une démocratie directe. Les architectes en charge du projet sont Benoit et Verbiest. L’épine dorsale du projet est l’avenue des Nations Unies. Quinze ans après, le bilan est mitigé. Les populations immigrées sont ravagées par le chômage. Les espaces extérieurs « intermédiaires » du projet sont confrontés à des usages pléthoriques ingérables. Le centre re Roubaix est relativement étriqué, entouré de quartiers compacts, cloisonnés, appuyés sur les hameaux primitifs qui correspondent au cadre réel de la vie collective. La structure de la ville est éclatée, les contrastes marqués et la circulation est difficile. Le centre n’est que peu fréquenté. Le désenclavement interne est indispensable.

En même temps, ça se comprend que le centre soit déserté. D’une part il est très moche, froid, générique, et ne met en valeur aucun des aspects agréables de la vie à Roubaix. De plus, Roubaix est une petite ville, qui s’est toujours développée par le commerce, l’échange, l’interaction avec d’autres pôles : Tourcoing pour le plus proche, Lille un peu plus loin, mais aussi les proches villes de Belgique. Dans ce contexte, la potentialité des axes de circulations, et donc d’échange, comme futurs lieux attractifs est énorme. Cf le petit texte sur le canal. En tant qu’axe de circulation bientôt réouvert, le canal est un des potentiels que depuis 10 ans la ville et la cudl s’attachent à exploiter.

e


voierie


du vert et du bleu

DESS Dalida Saidi, Réflexion méthodologique sur la mise en place de corridors biologiques en zone urbaine. Seconde partie : application à la ville de Roubaix. Octobre 1999. (Conception de projets en éco-développement)

Dans le site de l’Union, un parc de 12 ha 5 va participer à la création de la coulée verte de la métropole.

Roubaix est la huitième ville de France en matière d’espaces verts, et a remporté depuis plusieurs années le titre de ville fleurie. Le parc arboré de Roubaix couvre 10 ha, et est composé de 12 000 arbres. Ceux ci sont d’espèces variées. Sur les berges du canal, on trouve des chênes rouge d’Amérique, des cerisiers du Japon et des peupliers du Canada.

On trouve quelques espèces rares dans le cimetière.

Le site de projet se situe sur les berges du canal. La problématique des espaces verts ne saurait donc être écartée, puisque le canal représente un des éléments forts de la trame verte de la ville : selon des relevés effectués par Dalida Saidi dans le cadre de son DESS, la diversité biologique est cantonnée au canal. Celui-ci, contrairement aux rues étroites, bâti dense et espaces libres inexistants de la ville, est le véhicule privilégié de la flore et de la faune à l’intérieur de la ville, et son potentiel est encore grand.

Du côté du canal :

Le canal, composé de la Marque canalisée et du canal de Roubaix, a été construit entre 1827 et 1876. Le canal est au gabarit Freycinet (péniches pouvant aller jusqu’à 38m50 par 5m05 pour un enfoncement d’1m80). Il mesure 22 km et comporte 43 ouvrages d’arts (écluses à portes busquées, passerelles, ponts fixes, levants, levis et tournants). Il servait au plus fort de son exploitation à transporter environ 600 000 tonnes par ans.

Le canal de Roubaix a été fermé à la navigation en 1983. La Marque Urbaine, elle, est restée navigable jusqu’à l’écluse de Marcq.

Le Syndicat Intercommunal de la Marque Urbaine est créé en 1992, suivi de près par le Syndicat Mixte du Canal de Roubaix en 1995. Ces organismes, ainsi que les associations de pêcheurs, luttent pour la défense et la valorisation du canal, et évitent son rebouchage ???? qui était envisagé. Après la promulgation de deux chartes d’aménagement en 1997 et 1999, puis le lancement du « Livre blanc pour la remise en navigation de la Dêule à l’Escaut » par l’Agence de Développement et d’Urbanisme de Lille Métropole en 1999, un programme de réhabilitation du canal est entrepris par les Voies Navigables de France en 2000, financé à 50 % par l’Union Européenne en tant que Programme d’Initiative Communautaire.

Avant les travaux, la qualité de l’eau était évaluée comme mauvaise et très mauvaise sur la Marque Urbaine, et bonne et très bonne au niveau du canal de Roubaix. La boue à extraire représentait un volume de 222 000 mètres cubes, mais le curage ne constituait que 10 % des dépenses. Ce sont les berges qui demandèrent le plus de travaux, concentrant 61,5% du budget. Suivant le contexte, elles furent traitées en pi ????énés ???, en tunages bois, en gabions ou en palplanches.

Le canal est touché par des opérations d’importances comme le Grand Projet Urbain, dont un des buts est de redonner envie d’habiter les quartiers du GPU, l’Eurozone ou encore le projet du site de l’Union.

DEA PASZEK Anne-Corinne, 1999 2000 : à réutiliser pour les raisons de la fréquentation ou de la non fréquentation, les qualités, défauts, ce qui est recherché.

Le type de tourisme fluvial qui peut s’y développer, les aménagements que cela implique.

Précisions sur le GPU, L’Union, Eurozone

La réouverture à la navigation du canal vise le développement du tourisme fluvial. Le trajet entre la Deûle et l’Escaut fait 30 km. En théorie, c’est la distance que parcours en moyenne un plaisancier, avec 5 heures de navigation quotidiennes. Pourtant, il faut 10 heures pour effectuer ce trajet, en raison du nombre de manipulations à effectuer (levage de pont, passage des écluses). Des structures d’accueil sont donc nécessaires, q’il s’agisse de quai d’amarrage pour les bateaux habitables, ou de gîte pour les plaisanciers de bateaux à passagers.


transports co


J. Quartier

Brouillon du repérage dans le quartier

Début de mise au propre du repérage dans le quartier


Bati

Voirie


Vert et eau

Non bati


Prégnance des constructions légères sur le pourcentage d’occupation des sols.

Peu d’espaces publics autre que la rue.

Le canal, qui traverse le quartier, forme un axe de potentiel. Sa présence est presque indécelable pour le passant étranger : que ce soit depuis la rue Delespaul ou le boulevard de Metz, seuls signalent sa présence les trois ponts blancs et bleus. Malgré les travaux, la connotation négative du canal perdure. Sa fréquentation n’est pas nulle, surtout aux heures de sortie d’école, mais elle est loin d’être à son maximum. Outre un petit terrain de sport et l’aménagement d’esplanades pour les pêcheurs, l’absence d’équipement explique peut être en partie cette désertion. Pas de jeux pour enfants (dans un quartier qui pourtant n’en compte aucun), peu de bancs, pas d’éclaire public, peu de poubelles. Et peu de connexion avec la ville.

Quelques rues importantes : celles qui traversent toute la zone : Daubenton/ Constantine, boulevard, fosse aux chênes/ rue de la vigne.

Le cimetière forme une barrière.

Coupure entre l’ouest et l’est du canal : à l’est, la densité baisse fortement. L’ouest n’est pas pour autant un modèle de ville dynamique, mais le quartier, bien que défavorisé, ronronne tranquillement (écoles, petits commerces de proximité, quelques services plus urbains).

L’angle est le point de fragilité de l’îlot de logement : il est à la fois le lieu le plus valorisé et le plus dégradable. Contrairement à d’autres tissus de maisons en bandes (notamment chez les anglo-saxons), ici le tissu se retourne. Quand il est en bon état, l’angle et le sujet d’une recherche de massivité, d’unité avec les maisons voisines. Ce soin, qui dégage une urbanité certaine, tranche avec le fruste traitement de l’insertion de certaines industries dans le tissu.

L’ensemble confirme et souligne ce qui a été observé aux échelles précédentes : le tissu est d’une très forte mixité. Les paysages composés sont découpés, fragmentés.

L’opposition entre le devant et le derrière est très forte. Elle est par moment bouleversée par les hasards de l’évolution des formes. Certains derrières se retrouvent alors devant.

La rénovation urbaine des années 60 70 a sévit ici aussi. Hormis la tour au nord du canal, de 10 étages, les autres bâtiments restent dans des échelles (R+2 à R+4) qui ne contrastent pas énormément avec l’habitat traditionnel. En revanche, leur implantation brutale en milieu de parcelle ajoute à la fragmentation de l’espace et du paysage. Pour autant, ils recèlent un certain potentiel du fait que leurs abords ouverts aèrent et verdissent un tissu pour le moins compact. Tout comme l’habitat traditionnel quasi produit suivant un modèle unique, certains immeubles collectifs sont strictement identiques. On en trouve d’ailleurs du même modèle dans d’autres îlots de l’agglomération.

Certaines rues ont un gabarit très régulier, continu. Le plus souvent, ce sont les rues à échelle urbaine, qui canalisent la circulation qui traverse le quartier. Le plus souvent, les rues ont un gabarit irrégulier, brisé, discontinu. S’il s’agit pourtant d’une rue urbaine, les plantations donnent alors homogénéité et continuité à la rue : rue Constantine, boulevard de Metz. Ces arbres sont taillés de sorte que même jeunes, leur feuillage réparti sur toute la tige est prégnant.

Une vieille ferme. Bientôt un collège ?

Un Lidl à la place de Ford. Le projet HQE par Dominique Montassut. Lalou Lebecq sur un des îlots, et un illustre inconnu très mauvais sur l’autre, d’ailleurs il faut que je m’enquière d’éventuelles avancées publiables du projet.

Il est évident que le quartier souffre d’une mauvaise desserte par les transports en commun. Son caractère excentré en est renforcé, et l’attractivité des nouveaux logements en pâtira sûrement.

>ici aussi des photos ont été faites et seront mises en regard du plan de repérage. Elles illustreront plus en détail les formes repérées, tout en donnant une idée des ambiances.


K. Site

Délimitation du périmètre de travail

Repérage grossier des voies

Projet réel en cours

Schéma de la compréhension des enjeux du site : ce schéma ne vient qu’après coup. Les premiers jets du projet se sont fait sans prise de position intellectuelle explicite. Ils ont été guidés par les caractères qui s’étaient dégagés des phases précédentes, et les diagnostics qui restaient tacites, mais pourtant évidents.

Schéma d’hypothèse de plan masse (procédé par collage et schémas de principe de la disposition des voies) Expliciter le choix des voiries :

Largeur et gabarit en fonction des observations faites sur l’agglomération.

Implantation : perpendiculaire aux voies ? au canal ?

Ambiances ?


Elaboration du plan au 500° - procédé par collage et déformation de typologies de logements potentiellement intéressantes pour le projet. La typologie de l’habitat répétitif ancien est utilisée dans un premier temps dans les espaces où on ne sait pas trop quoi faire, et en fonction du résultat, et des améliorations, des orientations recherchées, elles évoluent. Dans d’autres cas, ce sont de nouvelles typologies qui sont d’emblée choisies comme point de départ, pour leurs qualités propres.

Les typologies sont d’abord dessinées au 200°, ce qui permet de donner d’avantage de finesse aux logements avant de passer au 500°.

Quand les élaborations au 500° seront calées, les typologies finales seront alors revues et ré affinées au 200°.


Conclusion

Le travail d’approche par échelles, complémenté par des recherches et des visites in situ, a permis d’atteindre les objectifs escomptés : construire une image juste du territoire, une matrice capable de s’enrichir continuellement au moindre nouvel apport. C’est bien avec cette image en tête que le projet a pu être conçu. Je me répète un peu avec l’intro et le premier chapitre


Bibliographie

· MONS, Dominique. L’habitat répétitif de type ancien dans l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing et ses possibilités de réhabilitation. Lille : 1976. 152 p.

· Communauté Urbaine De Lille, OPDHLM du Nord. Concours maisons de ville dans la communauté urbaine Lille-Roubaix-Tourcoing. Paris : 1980. 36 p.

· TREGUER, Valérie, VELLY, Gwenaëlle. Actes du séminaire de Rennes 5-9 avril 1993, reading and design of the physical environment. Rennes, EA Bretagne : 1994. 178 p.

· BUISINE, Patrice. T.P.F.E. Roubaix : une nouvelle urbanité. Lille, EA de Lille : 1995. 100 p.

· VERBIEST, Thierry. Roubaix Alma-gare : lutte urbaine et architecture. Gand, éditions de l’Atelier d’Art Urbain : 1982. 167 p.

· GUEROIS, Marianne. Les formes des villes européennes vues du ciel. Une contribution de l’image CORINE Land cover à la comparaison morphologique des grandes villes d’Europe occidentale. Paris : Université Panthéon-Sorbonne, 2003. 310 p.

· C QUOI CE LIVRE DHISTOIRE DE ROUBAIX ?

· SYNDICAT MIXTE, AGENCE DE DEVELOPPEMENT ET D’URBANISME DE LILLE METROPOLE . Schéma Directeur de développement et d’urbanisme de Lille Métropole. Lille : 2002. 254 p.

· http://www.cudl-lille.fr

· http://infos.cudl-lille.fr/geodoc/geo.php

·

·



[1] http://www.cudl-lille.fr/index.php?p=230&art_id= date de consultation 25 aoüt 2007

[2] La quasi totalité des informations de ce paragraphe sur l’habitat ancien de la métropole nous est du au premier chapitre de l’ouvrage suivant : MONS, Dominique. L’habitat répétitif de type ancien dans l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing et ses possibilités de réhabilitation. Lille : 1976. 152 p.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ben je suis fiere de toi mademoiselle, je m'y plonge plus ce soir, des bisous